Nimeshkenaminan : « Notre chemin ».
Présentation donnée par Yasmine Fontaine, candidate à la maîtrise en géographie à l'Université Laval.
« Historiquement, les Innus étaient un peuple nomade, dont la marche constituait un mode de subsistance, d’organisation sociale et de transmission culturelle. La colonisation, la sédentarisation forcée, les pensionnats et l’industrialisation ont entraîné une rupture profonde entre les générations innues et leur territoire. Malgré cela, on observe aujourd’hui un mouvement de résurgence marqué par le retour des jeunes sur les chemins de portage ancestraux. Mais la nouvelle génération de marcheurs fait face à une double urgence : 1) la disparition progressive des ainé·e·s, porteurs de savoirs territoriaux et 2) la fragilisation de l’accès au territoire en raison de différents facteurs. Face à ces enjeux, la marche devient un acte de réappropriation territoriale, identitaire et culturelle, mais aussi un espace de guérison individuelle et collective.
L’objectif principal du projet de recherche était de documenter cette résurgence afin de contribuer à la mémoire collective innue, et à la protection du patrimoine matériel et immatériel associé aux marches sur les routes traditionnelles. Le travail de collaboration a permis d’entendre les récits de marcheur·e·s innus de trois communautés, et de jeunes marcheur·e·s mis en dialogue avec la parole d’ainé·e·s porteurs de savoirs. Dans une perspective décoloniale de recherche en contexte autochtone, les marcheur·e·s deviennent les détenteurs de leurs histoires et nous racontent, dans une vision de souveraineté narrative, leurs relations au territoire ancestral innu, Nutshimit, par la marche et l’oralité.
L’étude a permis de saisir que, bien plus qu’un simple déplacement physique, la marche est comprise comme une pratique culturelle, relationnelle et identitaire profondément ancrée dans le Nutshimit. Les résultats démontrent que, en traçant un passage de la sédentarité au mouvement, la marche : 1) est un acte de continuité (Résurgence) ; 2) devient une forme de guérison et de mémoire du corps (Corporalité) ; 3) est fondée sur une théorie innue du territoire (Territorialité). Dans le mode de vie ancestral lié à la chasse, la marche visait en premiers lieu la subsistance du corps : le mémoire démontre que, aujourd’hui, les pratiques contemporaines de marche qui sont portées par les nouvelles générations visent désormais la survie culturelle et spirituelle du Peuple innu. »
L’activité aura lieu en COMODAL.
✦ Présentiel : Pavillon Charles-De Koninck, local 5128, Université Laval
✦ En ligne : Inscription obligatoire
Conférence






