Redessiner nos relations au vivant : de la cime jusqu’à la racine
Type
Communication scientifique
Description
En 2017, tandis que je réalisais mon terrain de recherche sur la résistance zapatiste au Chiapas (Mexique), je fis la rencontre de Francisco, un fonctionnaire pour le Secrétariat à l'Agriculture et au Développement rural du Mexique. Ayant grandi dans une communauté Tzeltal de Tenejapa, Francisco était lors de notre rencontre la représentation de l’idéal métisse au Mexique : un autochtone diplômé en sciences naturelles reconverti dans les institutions gouvernementales, et en ce sens : un agent du « développement » et de « l’intégration » des populations locales. Il se décrivait de son côté comme un « survivant » : un de ces rares individus issus de ces communautés ayant été en mesure de s’extraire de la misère de son milieu d’origine. Pourtant, il se savait aussi le complice d’un gouvernement investi dans la destruction du terreau communautaire au Chiapas et le promoteur d’une économie mortifère pour l’environnement. Impuissant dans sa trajectoire de transfuge de classe et portant une culpabilité dans sa position d’intermédiaire culturel, il me parla alors de son projet le plus précieux : celui de cultiver sur la terre de sa mère mourante des avocatiers sans utiliser de pesticides.
Au cours de cette présentation, je reviendrai sur l’histoire ordinaire d’un homme et de son jardin d’avocatiers. Oubliée dans les méandres de mon carnet de terrain, cette chronique illustre pourtant les enjeux et les ambigüités de la résistance des peuples autochtones au Chiapas.
Référence
Dufour, Emanuelle. 2026. « Redessiner nos relations au vivant : de la cime jusqu’à la racine ». Communication présentée lors du colloque « Penser les jardins : savoirs, pratiques et enjeux contemporains », 93e congrès de l'ACFAS, Université du Québec à Trois-Rivières, 2026-05-12.






