L’affirmation des littératures autochtones au Québec (1973-1993) : des histoires plurielles et plurilingues

Description

Cet article propose de remettre en question la constitution monolingue de l’histoire littéraire autochtone pour envisager des histoires plurielles et plurilingues. En restituant à cette histoire des textes parus en anglais ou en plusieurs langues, il s’agit de rouvrir des questions essentielles : que sont les littératures autochtones au Québec ? Qu’est-ce que ce « au Québec » signifie ou désigne au juste ? Autour de ces interrogations, cet article redéfinit les contours des littératures autochtones sans les réduire à une catégorisation stricte qui ne laisserait pas de place pour envisager comment se constitue de manière complexe, parfois contradictoire, la relation au Québec dans les écritures et les trajectoires. Il s’agit de problématiser la façon dont le territoire et la langue ont été réfléchis comme des critères d’inclusion et d’exclusion dans la délimitation des littératures nationales et de mettre de l’avant la nécessité de revoir ces catégories aujourd’hui pour mieux prendre en compte la spécificité transnationale des littératures des Premiers Peuples. Pour animer cette réflexion, cet article se penche sur la période qui s’échelonne de 1973 à 1993 et formule une hypothèse selon laquelle les publications littéraires de cette période fondent et anticipent la spécificité plurilingue des littératures autochtones au Québec. Ce plurilinguisme complique la définition et la constitution de l’histoire littéraire autochtone, mais il peut aussi devenir un outil critique qui vise à remettre en question la convention selon laquelle l’histoire d’une littérature devrait s’écrire en une seule langue.

Référence

Bradette, Marie-Eve, « L’affirmation des littératures autochtones au Québec (1973-1993) : des histoires plurielles et plurilingues » dans « 50 ans de Voix et Images : bilans et perspectives », Voix et images, vol. 49-50, no 147-148 (2024), p. 61-75.